Los Santos : Là où les classes ne se croisent que par erreur …
18 mai 2025Article rédigé par Bob Rena
Ils vivent dans la même ville, foulent le même sol, respirent le même air… mais tout les oppose.
À Los Santos, la ligne qui sépare les classes sociales n’est pas tracée à l’encre : elle est gravée dans le béton, brûlante, infranchissable.
D’un côté : la hauteur.
Vinewood Hills. Balcons de marbre, jets privés, soirées élitistes au goût d’éternité.
Ici, les problèmes ont des noms doux : fiscalité, réputation, placements… et l’on se plaint surtout de l’ennui.
Les portes s’ouvrent avec un code, les voitures démarrent sans clé, les soucis se règlent d’un virement bancaire.
Des véhicules de luxe ronronnent devant les villas comme des félins apprivoisés.
Ils ne connaissent ni la peur du manque, ni l’épuisement de la survie.
Leurs nuits sont longues, festives, lumineuses. Leurs journées, confortables, programmées, protégées.
Et si quelque chose dérange ?
On appelle un avocat. Un conseiller. Un garde du corps.
Tout est prévu. Tout est facile.
De l’autre côté : le bitume.
L’école est un champ de bataille, le frigo une loterie, et l’avenir… un mot flou.
Ici, les jeunes grandissent au rythme des sirènes.
On ne leur apprend pas à rêver, mais à survivre.
Leur style est jugé, leur démarche surveillée, leurs quartiers survolés mais jamais visités.
Ils voient passer les riches derrière des vitres teintées, le regard fuyant.
Et pourtant, ils avancent.
Par la drogue, non pas par vice, mais par nécessité.
Dans les quartiers délaissés, vendre n’est pas un choix. C’est un ticket de survie.
Quand le travail manque, quand les aides s’effacent, quand les dettes frappent à la porte,
le sachet devient salaire. Le trottoir, un bureau. La ruelle, un marché.
Ceux qui vendent ne cherchent pas la richesse. Ils fuient la faim.
Ils paient leurs factures, nourrissent leurs petits frères, apaisent l’angoisse d’un mois de plus.
Et quand ça tourne mal ? Personne ne pleure.
La rue ne fait pas de condoléances.
Los Santos, ville coupée en deux… soudée par l’hypocrisie.
Les riches disent que tout est possible. Les pauvres savent que ce n’est pas vrai.
Les riches achètent le silence. Les pauvres paient pour le garder.
Et la rue, impitoyable, observe.
Elle ne pardonne ni l’oubli, ni l’arrogance.
À Los Santos, ce n’est pas l’argent qui divise.
C’est ce qu’on en fait.
Et plus encore… ce qu’on est prêt à faire pour en avoir …


