Immersion: dans la peau d’un SDF

Immersion: dans la peau d’un SDF

5 juin 2022 Non Par Weazel News

En faisant du tri dans nos locaux, nous avons retrouvé les carnets de notes de notre ancien co-patron Phil Tonsac.   Au moment de son départ en février dernier, il travaillait sur un reportage en immersion dans le milieu des SDF.  Aujourd’hui, nous avons décidé de vous partager son travail, sans y apporter de modifications.

Un sujet de société qui, vous pourrez le voir dans un prochain article, est malheureusement toujours d’actualité dans notre ville.


Lors d’un précédent article, A votre bon cœur. (redstartrp.fr), je vous avais fait savoir que l’île n’était pas habitée que par des habitants aisés, que certains galéraient pour joindre les 2 bouts. J’avais eu un flashback me rappelant mon arrivée sur l’île et la période où tu ne connais personne, t’as pas de taf, tu ne sais pas encore que t’as des missions intérims qui te permettent de te nourrir. La période ou t’as pas de véhicule et que tu dors sous un pont ou dans un parking. Bref la galère ! Par chance, j’étais tombé sur une annonce du Weazel News assez rapidement et Mr TURNER ( directeur du Weazel à l’époque) m’avait tendu la main. J’ai bien dû dormir dans ma Rhapsody encore un mois. Les choses ont bien évoluées dans le temps, bon nombre d’entreprises ont ouvertes et peuvent employer jusqu’à 30 personnes. On pourrait croire que tout va bien dans le meilleur des mondes mais qu’en est-il réellement? Quel regard portent les habitants de l’île sur les SDF ou les galériens ?

Pour le savoir, j’ai décidé de me mettre dans la peau d’un nécessiteux et d’observer le comportement des personnes à mon contact. Après avoir enfilé la « panoplie vestimentaire » et être passé chez une maquilleuse, j’ai ciblé les lieux où la population était la plus dense pour multiplier les échanges. Cela fait froid dans le dos en vérité. Entre les gens qui vous ignorent, qui s’écartent de vous, qui vous font des remarques désobligeantes voir qui se montrent menaçant physiquement, je peux affirmer que le manque de lien social est bien pire que le fait de mendier pour se nourrir. Couché sur le bitume, entendant les railleries des uns (dont certains agents du LSPD) ou des remarques sur ma tenue d’autres, j’ai pu cependant, partager quelques moments et un bout de pain avec des gens en or. Des « bouseux du Nord » comme les nomment les citadins ! Des gens qui eux ont encore des valeurs autres que l’argent ou la notoriété.

Même si cette expérience fut rude émotionnellement et physiquement, cela m’a permis de me ressourcer et de me souvenir ce que j’ai vécu en débarquant sur l’île. De plus, tout ce qui a pu m’être offert à été reversé à de réelles personnes dans le besoin.

Je sais que cette initiative ne fera pas l’unanimité mais l’avis des personnes qui m’enjambaient sans dire un mot je m’en moque. Seul le regard ravis des « vrais » SDF m’importe !

Introduction & mise en page : Kayla Hunter