Les victimes de nos rues

Les victimes de nos rues

2 octobre 2021 Non Par Weazel News

Il n’y a pas de sang, il n’y a pas non plus de coup de feu… Pour autant il y a des dégâts, parfois infimes, parfois traumatisants pour la victime.

Dans notre ville nous rencontrons deux types de harcèlement, celui que tout le monde connait, celui qui est violent, qui fait peur, même à ceux qui ne l’ont jamais subi, venant d’un individu qui vous menace ou parfois vous met carrément en danger…

Et il y a celui plus vicieux, qui porte plein de noms différents. Certains disent « la lourdeur » ou le « harcèlement gentils », sous différentes formes où parfois, le harceleur lui-même ne se rend pas compte qu’il dépasse la limite.

La peur dans le silence

« Elle disait arête mais je sais qu’elle rigolait »

Le genre de phrase entendue par ces hommes qui ne sont même pas conscients de la forme de harcèlement qu’ils font subir à leurs victimes. Ils reviennent, encore et encore pensant être drôle ou sur la bonne voie. A quel moment vous semble t’il une femme ne pense pas ce qu’elle dit lorsqu’elle vous demande de vous arrêter, de vous écarter ou simplement de ne pas la toucher ?

« Il me faisait du harcèlement gentils, il ne m’a jamais insulté mais il était toujours là, à vouloir me parler… Alors je n’osais rien dire car je ne voulais pas créer d’histoire et il n’avait pas l’air dangereux »

Le témoignage d’une de ces femmes que j’ai eu l’occasion de rencontrer durant mon enquête est l’illustration parfaite de ce genre de situation qui peut paraitre bancale et qui pour autant dépasse clairement les limites que chacun devrait s’imposer. La culpabilité des femmes dans ce genre de situation est une arme invisible qui est redoutablement efficace. L’homme qui se présente comme « gentils » ou « non dangereux » n’en reste pas moins un homme qui ne respecte pas la femme qu’il courtise s’il impose sa présence par le biais d’une crainte, peu importe la forme qu’elle prend. L’argument de la gentillesse est il valable à vos yeux ? Sous prétexte d’être gentils, jusqu’où peut il aller sans mettre en jeu son intégrité ?

« Il ne faut pas confondre être harcelée et avoir affaire à un lourd »

Qu’est ce qui est le plus étonnant dans cette phrase ? C’est qu’elle a été prononcée par une femme. Une de ces femmes par ailleurs, censée représenter le maintien de l’ordre et par extension la sécurité de chacune de ces victimes qui déjà, sont prises de culpabilité et n’osent pas dénoncer. Alors si en face la réponse apportée remet en question le fondement de la plainte, qu’en est il de l’intégrité de l’agent receveur ?

« Elle n’avait qu’à dire non plus clairement« 

Alors que la LSPD affirme ne pas rencontrer de problème de type harcèlement et semble montrer une forme de déni quant à affirmer que le phénomène n’est pas présent en ville, certaines femmes témoignent du manque de soutien des forces de l’ordre dans leur démarche de dénoncer ou simplement chercher à être mises en sécurité. Plusieurs plaintes on été déposées pour harcèlement et la réponse donnée aurait été « actuellement tout se passe bien donc on oubli ». Les victimes se retrouvent à se faire entendre qu’elle déposent des plaintes abusives et ne sont pas protégées ni entendues…

Toujours dans une démarche d’évoquer les disfonctionnements de la LSPD au sujet de la sécurité des femmes de Los Santos, les EMS ont aussi tenu à évoquer le manque de crédit que les forces de l’ordre pouvaient porter aux demandes de nos soignants… Tandis que certaines expliquent avoir désormais peur de prendre leur service seules les soirs de grande influence, d’autres expliquent que certaines situations mériteraient une plus grande attention…

Zoom sur cette jeune femme membre des EMS, qui un soir se déplaçait seule sur une intervention difficile de par son contexte de rue et social. La LSPD était présente, mais aurait quitté la zone avant la fin de l’intervention alors que la tension était à son comble, mettant ainsi en danger le personnel soignant présent sur place qui a essuyé plusieurs insultes gestes déplacés et menaces avant de quitter les lieux non rassurée.


Le prédateur choisi sa proie

« Tu vas venir avec moi dans un coin à l’écart on va s’expliquer »

Certaines femmes sont victimes de harcèlements bien plus violent, parfois dangereux, voir très dangereux. Mais il est toujours difficile de dénoncer ce type d’acte, prisonnière de la peur de représailles, prise au piège de son bourreau, les victimes savent au fond, que ce genre de personne n’hésite pas une seconde à appliquer les menaces d’enlèvements qu’il énonce lorsqu’il abat ses cartes.

Au fil des rencontres avec les victimes, il semblerait qu’un profil particulier soit définit par les prédateurs. Certaines personnes affirment que se sont les femmes « qui ont moins de caractère [qui] ont plus de mal à dire stop« , pour autant, la vérité n’est pas tout à fait ici, même si il est vrai, il y a une notion de personnalité dans le choix de la victime.

Profil d’une victime de prédateur de femme :
Première chose que nous retrouvons, le fantasme. Les prédateurs s’attaquent souvent à des profils de femmes qui représentent un fantasme connu. Par exemple beaucoup de personnels féminins chez les EMS ont déjà subi différentes formes de harcèlement.
De la même manière, sans doute ces hommes choisissent-t-ils des personnalités plutôt douce, sans animosité, attirance ou sécurité allez savoir ce qui les attire ainsi…
L’accessibilité semble tout autant compter dans le choix de la personne à harceler puisqu’il semble courant que des femmes employées à des postes commerciaux ou proches de clientèle soient victime de harcèlement.


Fermer les yeux pour mieux y voir

« Parfois le soir je les vois, ils m’attendent à la sortie du travail et j’ai peur. »

Plusieurs fois, les témoignages se rassemblaient autour de scènes surréalistes et qui pourtant semblent communes. Des personnes très insistantes, des refus très clairs et des énervements, des menaces, des insultes ou parfois même des armes sorties au nez de jeune femme qui parfois n’a même pas conscience du danger qu’elle encoure face au comportement de ceux qui, parce qu’ils sont armés, pensent pouvoir tout obtenir par la force.

Les groupes qui agissent ainsi le font souvent aux yeux de tous, impunément, sans que l’on sache si les gens trouvent cela normal ou s’ils ont peur de s’y opposer. « Regardez comme elle est bonne, venez on la kidnappe« , le genre de phrase entendue devant un bar lorsqu’une femme passe devant des individus rassemblés, telle une meute de loup près à s’emparer d’une proie qui marche sous leurs yeux affamés.

« Si tu tiens à tes proches files ton numéro »

Heureusement, nous n’avons pas en ville que des psychopathes dangereux ou des insupportables forceurs. Il y a aussi ces hommes qui prennent des initiatives pour la sécurité des femmes, ceux qui les défendent en usant de la voix ou des bras… Et ceux qui font « disparaitre » ceux qui deviennent réellement inquiétants.

Ainsi, aux EMS, si vous dépassez les bornes auprès d’un soignant que se soit ambulancier ou médecin, vous pourrez avoir la surprise de vous acquitter de la coquette somme de 15 000$, intitulée « facture de harcèlement ». Ce genre de possibilité devrait être plus courantes en ville.

Certaines femmes ont tenu aussi à nuancer leurs propos en rappelant que beaucoup d’hommes biens « relèvent le niveau » et qu’il ne faut, pour autant toutes ces histoires, pas faire de généralités. Malgré toutes les difficultés rencontrées en ville, de nombreux hommes sont aussi là pour nous mettre en sécurité et nous rassurer.

Alors que tout un article traite de ces individus qui devraient se remettre sérieusement en question, gardons le mot de la fin pour remercier ceux qui participent à rendre nos journées plus belles, qu’ils soient nos amis, notre famille ou nos amants.